Mondial 2022 : le Brésil entame sa conquête d’une sixième étoile face à la Serbie

Un sélectionneur du Brésil sans ambition serait un oxymore. Et Tite, à 61 ans, actuel détenteur du très convoité siège sur le banc de la Seleçao, ne manque guère de certitudes. « On a atteint la Coupe du monde, maintenant il est temps d’atteindre la finale et d’être champions du monde. Voilà la vérité », assénait le technicien brésilien en juin, interrogé par The Guardian.

Un sélectionneur devrait-il faire profil bas ? « Au contraire, au Brésil, personne ne comprendrait si notre entraîneur ne visait pas le titre, rétorque l’ancien attaquant Sonny Anderson. Le peuple brésilien ne veut pas entendre son sélectionneur dire “on va essayer de la gagner”. Avec une équipe pareille, affirmer son intention de victoire finale, c’est juste assumer notre statut. »

Les joueurs – successeurs des Pelé, Zagallo, Tostao, et autres Garrincha – à la tunique jaune frappée de cinq étoiles se savent attendus au moment d’entrer dans la compétition face à la Serbie, jeudi 24 novembre. « C’est la seule équipe qui arrive avec des certitudes », observe Omar da Fonseca. Pour l’ancien joueur argentin, désormais consultant pour les chaînes du réseau BeIN Sports, le Brésil offre des garanties de stabilité dans cette Coupe du monde au Qatar (du 20 novembre au 18 décembre) où l’incertitude règne.

Automnal, intercalé au chausse-pied dans un calendrier compressé, le Mondial 2022 est une plongée dans une terra incognita – et pas uniquement parce qu’il se déroule au Qatar. Entre les blessures, les joueurs fatigués et l’absence de préparation, bien malin qui pourra anticiper ses résultats. « Beaucoup de sélections sont dans la même situation d’incertitude que nous, comme la France ou l’Allemagne. Je pense que ce sera un tournoi très ouvert », a résumé le sélectionneur anglais, Gareth Southgate, avant la compétition.

Pourtant, le Brésil fait l’unanimité chez les observateurs. « Pour l’avoir regardé ces dernières années, c’est mon favori », a exposé Jürgen Klinsmann. Interrogé par la FIFA à quelques jours de la compétition, l’ancien joueur et entraîneur allemand s’est dit « vraiment impressionné par la manière dont les Brésiliens ont dominé leur phase de qualification, alors que l’Amérique du Sud est sans doute le continent où il est le plus dur de se qualifier ».

« Briser la domination européenne »

Eliminés en quarts de finale du dernier Mondial par la Belgique (1-2), au terme d’un match « tellement beau » mais « dur à avaler » pour l’entraîneur Tite, les Brésiliens ont renoué avec le succès en remportant la Copa America en 2019, en développant un jeu léché. « C’est une équipe qui prend très peu de buts, et en marque énormément. On a des bons joueurs partout, et ils arrivent à jouer ensemble », synthétise Sonny Anderson.

L’ancien buteur de l’Olympique lyonnais, aujourd’hui consultant pour BeIN Sports, insiste sur le collectif mis en place par Tite. « Ce n’est plus un jeu individualiste autour d’un seul joueur. C’est un collectif très, très fort. » Dont la quasi-totalité des joueurs évoluent dans les plus grands clubs du monde. Portée par l’émergence d’une nouvelle génération talentueuse en attaque – de Vinicius à Richarlison en passant par Antony et Raphinha –, la sélection auriverde offre à Tite pléthore d’options.

De quoi faire oublier l’époque où Neymar était l’homme-orchestre, chargé de tout – y compris de la déroute, en son absence, en demi-finale du Mondial 2014 à domicile (1-7). Désormais, tous jouent à l’unisson. « Rodrygo et Vinicius savent que, dans quatre ans, ce seront eux les stars de l’équipe. Mais, aujourd’hui, comme les autres, malgré leur très grand talent, ils acceptent d’être les musiciens au service du premier violon, Neymar », note Omar da Fonseca. Epargnés par les blessures depuis deux ans, les Brésiliens ont aussi pu travailler leurs gammes, à la différence de nombreux adversaires.

Depuis le dernier sacre du Brésil, il y a vingt ans au Japon, les équipes européennes – Italie en 2006, Espagne en 2010, Allemagne en 2014 et France en 2018 – ont monopolisé le trophée imaginé par le sculpteur italien Silvio Gazzaniga. Parvenue à maturité, la Seleçao voit dans la Coupe du monde au Qatar l’occasion de « rompre la malédiction » et de « briser la domination européenne », selon les mots du capitaine de la Seleçao titrée en 2002, Cafu.

Reste une incertitude, que seul le terrain pourra gommer. « Depuis deux ans, le Brésil n’a pas été mis en difficulté dans un match, ils maîtrisent leur sujet, expose Sonny Anderson. Mais comment vont-ils réagir s’ils se font malmener d’entrée ? » Réponse à compter du 24 novembre, face à la Serbie.

lemonde/sportrdc

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